La question de Gaza

COPYRIGHT BY ELEAD  05.07.2015

la question de gaza
Depuis la fin mai les tirs de roquettes ont repris depuis la bande de Gaza vers Israël qui a aussitôt riposté en envoyant sa chasse aérienne contre les camps d’entraînement des militants palestiniens. Simultanément, le Hamas est intervenu pour liquider des salafistes sur son propre territoire de Gaza. Les troubles semblent de nouveau se multiplier dans cette région.. Il est ainsi à craindre que ne se réenclenche le cycle attaque palestinienne/représailles israéliennes qui avait suscité la violente guerre de 2014. La complexité de la question de Gaza s’accroit  encore avec l’ intervention  récente de Daesh qui tente d’infiltrer ses terroristes à Gaza et a attaqué Israel à la roquette le 1° juillet  depuis le Sinaï égyptien.

La  bande de Gaza a été le théâtre en 2014 d’une violente répression israélienne à l’encontre des activistes palestiniens. Ceux-ci lançaient des roquettes vers Israël depuis leur territoire de Gaza, Israël ripostait par des frappes aériennes et des tirs terrestres et maritimes qui ont lourdement touché  les populations palestiniennes. L’opération militaire baptisée  «  bordure protectrice » lancée pour répondre aux tirs du Hamas qui, en utilisant des tunnels, obtenait un réel avantage stratégique, a laissé un solde de près de 2000 morts.

La question de Gaza est récurrente depuis plusieurs décennies.

Ce petit territoire de 41km de long pour environ 9 km de large est l’un des plus densément peuplé du monde et compte près de 1, 7 millions d’habitants. La bande de Gaza, coincée entre l’Egypte, Israël et la Méditerranée est sujette à de nombreux affrontements. Elle aurait dû relever d’un Etat palestinien prévu par la résolution de l’ONU de 1947 mais qui n’a pu prendre naissance. Elle est en réalité passée de main en main, administrée d’abord par les égyptiens puis par les israéliens dont l’occupation a provoqué le soulèvement populaire de l’intifada. Gaza est  finalement passée en 2005 au pouvoir du Hamas en tant que territoire  administré par une autorité palestinienne. Tout au long des décennies sa situation  n’a cessé de se dégrader.

La zone est  en effet à la fois une des plus denses du monde (4700 hab au km2), l’une des plus pauvres (PNB par hab aux alentours de 1000 $ par an), l’une des plus troublées politiquement. Elle est en outre l’une des plus récessives, victime de son instabilité politique, de son enclavement et de l’étouffant blocus qu’Israël a lancé contre elle au moment de l’arrivée du Hamas au pouvoir. Le PIB par habitant a reculé depuis  1994, le chômage touche près de 33 % de la population. La population a été multipliée par 10 depuis 1948, sous la pression de la forte fécondité.

CARTE GAZA

Rien de surprenant  à ce que, dans un tel contexte, la situation politique déjà explosive ait abouti à un conflit armé.

Les relations entre les  Gazaouïs  et les Israéliens n’ont jamais été bonnes mais la coexistence initiale a cédé progressivement place à une radicalisation anti-israélienne à laquelle Tel Aviv n’a jamais su répondre  autrement que par la force.

La crise s’est singulièrement aggravée il y a une dizaine d’années, lorsque la population de la bande de Gaza a voté majoritairement pour le Hamas, organisation islamiste extrémiste recourant aux attentats terroristes. Le Hamas a pris de vitesse l’OLP et s’est emparé du pouvoir à Gaza, prônant la disparation d’Israël et dénonçant la modération du président palestinien Mahmoud Abbas.

Le même scénario s’est répété  depuis de manière lancinante : des islamistes radicaux anti-israéliens, tolérés par le Hamas ou issus de la mouvance de ce dernier, lancent, depuis de sites civils, des roquettes ou des attaques au mortier vers Israël. Les israéliens ripostent sans la moindre clémence  pour les populations civiles avoisinantes, en détruisant les lieux dont sont issus les tirs. Il parait clair que le Hamas, mouvement qui veut incarner la résistance radicale  anti-israélienne est, par sa nature même,  absolument incapable d’empêcher de telles attaques. Le gouvernement israélien a toujours estimé avoir le droit et l’obligation de défendre par tous les moyens  la sécurité de sa population. En 2014, il a mis à profit un rapport de force militaire totalement à sa faveur pour exercer des représailles  brutales qui sont allées jusqu’ à l’intervention des troupes terrestres. La doctrine israélienne en la matière est simple et radicale : Israël ripostera massivement jusqu’ à ce que les tirs de roquettes cessent, en espérant que les populations palestiniennes finissent par plier.

Des épisodes extrêmement meurtriers avaient déjà eu lieu en 2008 et en 2012. L’histoire s’est répétée pour la troisième fois en 2014. La communauté internationale a exercé des pressions suffisamment fortes pour obliger Israël à des trêves, que le Hamas de guerre lasse, a plus ou moins respecté. Ainsi  l’affrontement  s’est apaisé au moins momentanément comme ceci avait eu lieu en 2010 et à la fin 2012. L’issue pacifique sur le long terme est néanmoins difficile à penser, le Hamas cherchant ouvertement la destruction d’Israël et Israël misant sur sa supériorité  militaire pour contenir par la force le radicalisme islamiste. En ce sens la guerre de Gaza de 2014 marque la limite des accords d’Oslo de 1993. Ceux- ci espéraient aboutir  avec le temps a l’établissement d’une autorité palestinienne capable de gère de manière prudente et modéré les Territoires palestiniens et dont Mahmoud Abbas aurait constitué la figure forte.

Le principal problème réside dans le fait qu’aucun des protagonistes n’a finalement de vraie stratégie pour l’avenir. Une étincelle suffit à mettre le feu aux poudres. Ainsi, en 2014, Israëliens et Palestiniens ont cédé à l’emballement qui a suivi l’assassinat de trois jeunes Israéliens, puis celui d’un jeune Palestinien, au mois de juin.

En octobre 2014, la communauté internationale s’est réunie au Caire et a promis de débloquer 2.7 milliards de dollars pour reconstruire la bande de Gaza dévastée par la guerre de l’été 2014. La question reste posée des relations entre le Hamas et l’Autorité Palestinienne – le Fatah, un rapport d’Amnesty International dénonçant fin mai 2015 l’exécution de sympathisants du Fatah. La reconstruction attendue de Gaza n’a pas vraiment eu lieu, les tensions sont toujours extrêmes. Néanmoins, la démilitarisation du Hamas semble impossible et tous les processus de paix ayant échoué jusqu’ici, le risque est toujours présent d’une nouvelle escalade de la violence et des extrêmes.

 

PALESTINIAN-ISRAEL-CONFLICT-SCHOOL

 

La rentrée scolaire à Gaza (Source : le Figaro)

 

 BY ELEAD Les quinze dates clefs pour comprendre la situation  de Gaza
1948 Naissance d’Israël. Suite à la guerre israélo-arabe, la bande de Gaza est occupée par l’Egypte qui l’administre directement.
1967  Apres la Guerre des Six Jours et sa victoire éclair, Israël occupe la bande de Gaza
1977 Israël entame des opérations de colonisation juive dans la bande de Gaza
1987  Première intifada: soulèvement généralisé de la population palestinienne contre l’administration militaire israélienne d’occupation.
1987 Création du Hamas, organisation de résistance palestinienne, djihadiste, ayant pour objectif la création d’un État islamique en Palestine en lieu et place d’Israël
1993 Accords d’Oslo : attribution des territoires palestiniens de Cisjordanie et de la bande de Gaza à l’autorité palestinienne, issue de l’ex OLP de Yasser Arafat
1993 Debut de la seconde intifada
2001 Face  à l’incapacité de l’autorité palestinienne à contenir les attentats, Israël intervient   par des raids de représailles dessinées à éliminer physiquement les dirigeants de l’aile militaire du Hamas
2005  Israël se désengage  de la  totalité de la bande de Gaza et met fin à ses colonies
2005  Les élections dans les territoires palestiniens donnent la victoire au Hamas face à l’OLP  ouvrant  une guerre fratricide entre les deux organisations, qui se solde par un prise de pouvoir de fait du Hamas dans la bande de Gaza  en 2007
2008 Israël et l’Egypte établissent le blocus de Gaza
2008 Les attentats et les tirs de roquettes se multipliant Israël lance une répression générale. L’opération « plomb durci »  déclenchée à la fin de l’année laisse un solde de plus de 1.300 morts du côté palestinien  et provoque une vague de protestation internationale.
2010 Israël crée  le  système  « dôme de fer » de batteries antimissiles destinée à  l’interception des obus et des roquettes  lancés contre Israël depuis la bande de Gaza
2012 Recrudescence des attentats et des tirs depuis la bande de Gaza vers Israël et violente répression israélienne par des raids aériens (opération  « colonne de nuée »)
2014  Nouvelle vague de tirs depuis la bande de Gaza qui réenclenche le cycle attentats/ répression et amene Israël à une nouvelle intervention armée brutale tandis que les protestations internationales se multiplient

 

Le dessin humoristique :

dessin humoristique gaza

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